Tout juste cinq mois après les deux graves tremblements de terre des 20 et 29 mai derniers qui ont secoué la région d'Emilie-Romagne en Italie, les dernières "villes de tentes", tendopoli comme les Italiens les appellent, viennent enfin d'être fermées, notamment à Mirandola et Finale Emilia dans la province de Modène et les dispositions nécessaires ont été prises pour reloger les habitants sans-abris.
Si de nombreuses villes autour de Modène et Ferrare restent encore encombrées de gravats et semblent figées dans une sorte d'instant apocalyptique post-tremblement de terre, le temps est aujourd'hui à la reconstruction. Et à l'approche de l'hiver, il s'agit de faire vite. Les toutes premières initiatives sont venues des villes touchées par le séisme qui ont commencé par reprendre doucement leur activité culturelle comme pour affirmer, symboliquement, que lorsqu'on n'a plus rien, la dernière richesse qu'il reste est bien la culture. Ainsi, l'ensemble des théâtre d'Emilie-Romagne ont décidé de reprendre leur activité le mois dernier. A Ferrare, cette volonté est particulièrement symptomatique du désir de renaissance et de continuité. Le plus belle preuve en est l'inauguration de la nouvelle exposition de peintures au Palais des Diamants "Boldini, Previati e De Pisis, due secoli di grande arte a Ferrara".
A Ferrare, même si les dégâts ont été moins importants que dans les petites villes de la province, comme Sant'Agostino ou Cento, qui ont perdu une partie de leurs monuments historiques, la plupart des palais et des églises sont pourtant fermés au public dans l'attente de l'évaluation exacte des risques et des dommages. Sur les murs des vieux bâtiments, on peut en effet voir de nombreuses fissures, des cheminées ou des statues manquantes, comme sur les façades des églises Santa Maria in Vado ou San Carlo qui se trouvent toutes les deux dans le centre historique. Les autorités de la ville sont donc toujours inquiètes de l'état des monuments historiques d'autant plus que Ferrare est classée au patrimoine mondial de l'Unesco pour son centre historique resté intact depuis la Renaissance. La question de protéger et de restaurer l'architecture ferraraise reste cruciale. Il a déjà été évalué que le château de Ferrare nécessitait des restaurations s'élevant à 4 millions d'euros et que le palais Schifanoia, le joyau de la ville, nécessitait des restaurations s'élevant à 550 000 euros. Le maire adjoint de Ferrare, Massimo Maisto, s'est exprimé la semaine dernière sur les projets de reconstruction en précisant que "Le palais Schifanoia est la priorité. Les restaurations sont nécessaires, en particulier dans la salle des stucs et dans l'escalier. L'objectif est de le réouvrir avant Pâques, pour le début de la saison touristique." Ensuite, ce sera au tour de la grande église de la chartreuse Saint-Christophe, au nord de la ville, qui conserve des chefs-d’œuvre de la peinture ferraraise et dont la réouverture est prévue pour novembre 2013.
De la même manière, dans la petite ville de Cento, la Pinacothèque qui a beaucoup souffert et où sont conservés des chefs-d’œuvre inestimables du Guerchin, les restaurations sont évaluées à 800 000 euros. 400 000 euros seront également destinés à Poggio Renatico et 350 000 euros serviront à Bondeno pour la restructuration de la Rocca di Stellata et enfin 300 000 euros seront utilisés pour la reconstruction de l'Hôtel de Ville de Sant'Agostino. Ces sommes seront prélevées sur la dotation exceptionnelles de 14,3 millions d'euros qui a été reçue grâce aux sms envoyés au numéro spécial 45500 juste après le tremblement de terre. Grâce à cette somme, trente-huit projets de reconstruction, dont dix concernant des monuments historiques ou des musées, ont été décidés. En effet, si l'humain reste la priorité lors de tels événement, il est aussi très importants de penser à la restauration des monuments historiques.
L'une des images les plus marquantes reste par exemple celle du sauvetage par les pompiers des tableaux du Guerchin (L'Annonciation) et de Guido Reni (L'Assomption de la Vierge) dans l'église de la Collégiale de Pieve di Cento dont la coupole est tombée. On peut aussi citer le sauvetage in extrémis d'une peinture de l'oratoire de l'église San Carlo à Sant'Agostino, véritable petit bijou du baroque italien qui a été anéanti par le tremblement de terre.
Un Commissariat Extraordinaire à la Reconstruction a donc été créé pour gérer ces sommes et les allouer de manière équitable entre les régions d'Emilie-Romagne, de Vénétie et de Lombardie et les cinq Provinces concernées, à savoir Ferrare, Modène et Bologne en Emilie-Romagne, Mantoue en Lombardie et Rovigo en Vénétie.Une aide de l'Union Européenne devrait également arriver prochainement.
Les tremblements de terre ne sont pas si rares en Italie. Ferrare en fut déjà victime en 1570, à l'époque de la Renaissance, ce qui avait d'ailleurs contribué, à l'époque, au déclin du rayonnement culturel et politique de la ville. Récemment, c'est la ville de L'Aquila, touchée en 2009 qui marqua les esprits et dont le souvenir vient d'être ravivé il y a six jours avec la condamnation des experts italiens de la Commission Grands Risques à six ans de prison pour "homicide par imprudence", reconnus coupables d'avoir sous-estimé les risques juste avant le séisme meurtrier. Personne ne veut revivre le scénario tragique de L'Aquila. La question de la reconstruction pose ainsi celle de la protection optimale si de telles secousses reviennent. Dans plusieurs zones, même si de nombreux monuments historiques ont été endommagés, il est cependant à remarquer qu'ils ont souvent mieux résisté que les structures modernes. Le génie anti-sismique a donc encore beaucoup a faire et à prévoir pour l'avenir.
Si de nombreuses villes autour de Modène et Ferrare restent encore encombrées de gravats et semblent figées dans une sorte d'instant apocalyptique post-tremblement de terre, le temps est aujourd'hui à la reconstruction. Et à l'approche de l'hiver, il s'agit de faire vite. Les toutes premières initiatives sont venues des villes touchées par le séisme qui ont commencé par reprendre doucement leur activité culturelle comme pour affirmer, symboliquement, que lorsqu'on n'a plus rien, la dernière richesse qu'il reste est bien la culture. Ainsi, l'ensemble des théâtre d'Emilie-Romagne ont décidé de reprendre leur activité le mois dernier. A Ferrare, cette volonté est particulièrement symptomatique du désir de renaissance et de continuité. Le plus belle preuve en est l'inauguration de la nouvelle exposition de peintures au Palais des Diamants "Boldini, Previati e De Pisis, due secoli di grande arte a Ferrara".
A Ferrare, même si les dégâts ont été moins importants que dans les petites villes de la province, comme Sant'Agostino ou Cento, qui ont perdu une partie de leurs monuments historiques, la plupart des palais et des églises sont pourtant fermés au public dans l'attente de l'évaluation exacte des risques et des dommages. Sur les murs des vieux bâtiments, on peut en effet voir de nombreuses fissures, des cheminées ou des statues manquantes, comme sur les façades des églises Santa Maria in Vado ou San Carlo qui se trouvent toutes les deux dans le centre historique. Les autorités de la ville sont donc toujours inquiètes de l'état des monuments historiques d'autant plus que Ferrare est classée au patrimoine mondial de l'Unesco pour son centre historique resté intact depuis la Renaissance. La question de protéger et de restaurer l'architecture ferraraise reste cruciale. Il a déjà été évalué que le château de Ferrare nécessitait des restaurations s'élevant à 4 millions d'euros et que le palais Schifanoia, le joyau de la ville, nécessitait des restaurations s'élevant à 550 000 euros. Le maire adjoint de Ferrare, Massimo Maisto, s'est exprimé la semaine dernière sur les projets de reconstruction en précisant que "Le palais Schifanoia est la priorité. Les restaurations sont nécessaires, en particulier dans la salle des stucs et dans l'escalier. L'objectif est de le réouvrir avant Pâques, pour le début de la saison touristique." Ensuite, ce sera au tour de la grande église de la chartreuse Saint-Christophe, au nord de la ville, qui conserve des chefs-d’œuvre de la peinture ferraraise et dont la réouverture est prévue pour novembre 2013.
De la même manière, dans la petite ville de Cento, la Pinacothèque qui a beaucoup souffert et où sont conservés des chefs-d’œuvre inestimables du Guerchin, les restaurations sont évaluées à 800 000 euros. 400 000 euros seront également destinés à Poggio Renatico et 350 000 euros serviront à Bondeno pour la restructuration de la Rocca di Stellata et enfin 300 000 euros seront utilisés pour la reconstruction de l'Hôtel de Ville de Sant'Agostino. Ces sommes seront prélevées sur la dotation exceptionnelles de 14,3 millions d'euros qui a été reçue grâce aux sms envoyés au numéro spécial 45500 juste après le tremblement de terre. Grâce à cette somme, trente-huit projets de reconstruction, dont dix concernant des monuments historiques ou des musées, ont été décidés. En effet, si l'humain reste la priorité lors de tels événement, il est aussi très importants de penser à la restauration des monuments historiques.
L'une des images les plus marquantes reste par exemple celle du sauvetage par les pompiers des tableaux du Guerchin (L'Annonciation) et de Guido Reni (L'Assomption de la Vierge) dans l'église de la Collégiale de Pieve di Cento dont la coupole est tombée. On peut aussi citer le sauvetage in extrémis d'une peinture de l'oratoire de l'église San Carlo à Sant'Agostino, véritable petit bijou du baroque italien qui a été anéanti par le tremblement de terre.
Un Commissariat Extraordinaire à la Reconstruction a donc été créé pour gérer ces sommes et les allouer de manière équitable entre les régions d'Emilie-Romagne, de Vénétie et de Lombardie et les cinq Provinces concernées, à savoir Ferrare, Modène et Bologne en Emilie-Romagne, Mantoue en Lombardie et Rovigo en Vénétie.Une aide de l'Union Européenne devrait également arriver prochainement.
Les tremblements de terre ne sont pas si rares en Italie. Ferrare en fut déjà victime en 1570, à l'époque de la Renaissance, ce qui avait d'ailleurs contribué, à l'époque, au déclin du rayonnement culturel et politique de la ville. Récemment, c'est la ville de L'Aquila, touchée en 2009 qui marqua les esprits et dont le souvenir vient d'être ravivé il y a six jours avec la condamnation des experts italiens de la Commission Grands Risques à six ans de prison pour "homicide par imprudence", reconnus coupables d'avoir sous-estimé les risques juste avant le séisme meurtrier. Personne ne veut revivre le scénario tragique de L'Aquila. La question de la reconstruction pose ainsi celle de la protection optimale si de telles secousses reviennent. Dans plusieurs zones, même si de nombreux monuments historiques ont été endommagés, il est cependant à remarquer qu'ils ont souvent mieux résisté que les structures modernes. Le génie anti-sismique a donc encore beaucoup a faire et à prévoir pour l'avenir.
Cet article a été publié dans le Huffington Post le 01/11/2012
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